Le nombre d’embauches en CDD et en CDI au 4ème trimestre 2025

Marché du travail en France : que nous disent les derniers chiffres des embauches ?

Un article à découvrir sur le site de la DARES  > https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/les-embauches

Embauches en hausse au 4e trimestre 2025 — mais le CDI continue de reculer
Un rebond en trompe-l'œil

Les dernières données de la Dares révèlent un paradoxe de fin d’année : si le volume total des embauches repart à la hausse au 4e trimestre 2025, la structure de ces contrats continue de se dégrader, avec un CDI en recul pour la quatrième fois consécutive.

Au 4e trimestre 2025, 6 501 000 contrats de travail ont été signés dans le secteur privé en France métropolitaine, hors agriculture, intérim et particuliers employeurs. Ce chiffre marque une hausse de +0,7 % par rapport au trimestre précédent — une inversion bienvenue après le repli de −0,4 % enregistré au 3e trimestre.

Ces données, issues des déclarations sociales nominatives (DSN) transmises par les employeurs dans le cadre des mouvements de main-d’œuvre (MMO), couvrent l’ensemble des établissements privés de France métropolitaine depuis 2007.

Une fracture structurelle qui s'approfondit

La hausse globale des embauches repose entièrement sur les contrats à durée déterminée, qui progressent de +1,2 % pour atteindre 5 529 200 contrats — après une quasi-stagnation au trimestre précédent (−0,2 %).

À l’inverse, les embauches en CDI reculent pour la quatrième fois consécutive, avec une baisse de −1,7 % — identique à celle du 3e trimestre — pour s’établir à 971 900 contrats. Cette érosion continue réduit la part du CDI dans les embauches totales, qui passe sous le seuil symbolique des 15 %.

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Le CDI représente désormais moins de 15 % des nouvelles embauches dans le secteur privé. Cette proportion, en recul continu depuis plusieurs trimestres, traduit une prudence accrue des employeurs et une préférence marquée pour la flexibilité contractuelle.

2025 : une année sans cap

La trajectoire des embauches sur l’ensemble de 2025 est celle d’une oscillation sans tendance franche. Ni emballement, ni effondrement — un marché du travail en suspension.

Sur l’ensemble de l’année, les volumes d’embauches restent dans une fourchette étroite — entre 6,4 et 6,5 millions par trimestre — signe d’un marché qui résiste sans redémarrer, dans un contexte de croissance économique revue à la baisse.

Ce que cela révèle du marché du travail

Le rebond du 4e trimestre ne doit pas masquer la tendance de fond : les employeurs continuent de privilégier la flexibilité contractuelle face aux incertitudes économiques. La progression des CDD (+1,2 %) versus le recul des CDI (−1,7 %) illustre une dualité qui s’installe dans la durée.

Pour les candidats, cette réalité se traduit par des parcours d’embauche plus fragmentés, une moindre sécurité de l’emploi, et une pression accrue sur les négociations salariales. Pour les entreprises, elle soulève la question de la fidélisation : un salarié en CDD est, par définition, un salarié potentiellement à reconquérir à chaque renouvellement.

Ma lecture

L’année 2025 s’achève sur un marché du travail à deux vitesses : dynamique en volume, fragilisé en qualité. La hausse des embauches globales masque une réalité moins favorable pour les salariés — moins de CDI, davantage de contrats courts.

Pour les RH et les dirigeants d’entreprise, ce contexte est un signal clair : soigner ses conditions d’emploi et ses pratiques de fidélisation n’est plus un luxe, mais un levier stratégique dans un marché où le recrutement reste tendu sur de nombreux métiers.

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